LES DEFIS LIES A L'ORGANISATION

DU IX ème SOMMET FRANCOPHONE AU LIBAN

 

par Ghassan Salamé

 

Ministre de la Culture

 

 

                Cet article a été initialement publié en 2001 dans Le Liban à la croisée des chemins, sous la direction de Karim Emile Bitar, numéro hors série de le revue ENA Mensuel, revue des anciens élèves de l'ENA

 

       

        En accueillant la IXe Conférence des pays ayant le français en partage, le Liban sera, pour la première fois de son histoire et de celle du Moyen Orient, l'hôte d'un événement d'une portée planétaire. Tous nos efforts et notre potentiel seront mobilisés afin d'assurer la réussite de cette manifestation, dans la mesure où nous voyons, à travers la présence de plus de 3000 officiels et journalistes, une occasion pour faire entendre notre voix et porter, dans les capitales francophones, l'écho de notre expérience en matière de diversité culturelle.

        Le IXe Sommet de la Francophonie nous incite à nous lancer dans de nombreux chantiers. Les défis qui leur sont inhérents sont nombreux mais nous sommes décidés à les relever. Il s'agit bien entendu de réussir l'organisation de cette rencontre : à cet effet, nous avons consacré une enveloppe budgétaire importante pour le Sommet, mais les moyens requis dépassant de loin nos capacités, nous avons sollicité l'appui de certains pays francophones, de l'Organisation Internationale et de l'Agence Intergouvernementale de la Francophonie. Nous tenons à les remercier pour leurs réponses favorables. Parallèlement, pressées par le temps extrêmement court qui nous sépare de l'échéance, plusieurs structures travaillent sans relâche et méthodiquement afin de garantir une organisation sans faille.

   

    En se réunissant à Beyrouth dans le cadre du « dialogue des cultures », thème retenu pour le Sommet, l'ensemble des Etats et régions francophones contribueront à consolider les liens qui les unissent et surtout à réaffirmer le rôle du Liban sur la scène internationale dans sa vocation plurale, à savoir, politique, culturelle, sociale et économique.

 

1. Le défi politique est à la fois celui du Liban et celui de l'ensemble des Etats francophones. D'une part, en transformant Beyrouth en capitale de la Francophonie et surtout en assurant la présidence du Sommet pour deux ans, le Liban renoue avec une vieille tradition diplomatique et politique qui l'a toujours placé aux côtés des grands Etats, en dépit de sa modeste superficie. D'autre part, le développement du volet politique de la Francophonie est aussi une réponse aux dangers des replis identitaires et des situations conflictuelles. Il favorisera l'enracinement de l'approche ouverte et plurale de la culture et des civilisations et consolidera les actions des différents opérateurs. Le Secrétaire général, M. Boutros Boutros Ghali, souhaite que la Francophonie soit présente dans les grands débats internationaux. Nous soutenons cet effort dans tous les domaines et oeuvrerons pour le réaliser effectivement au Sommet de Beyrouth. Nous pensons en effet que l'engagement politique donnera son sens plein à l'action multilatérale, dans une solidarité effective et une gestion commune des biens de l'humanité.

 

2.Le défi culturel consiste à mettre l'accent sur le dialogue des cultures. Le Liban a acquis, pour en avoir chèrement payé le prix, une riche expérience en matière de diversité culturelle. Tant son histoire que sa structure économique témoignent, dans le cadre de son arabité, d'une longue tradition d'ouverture et d'échanges qui a favorisé l'émergence d'une culture une et plurielle. Il s'agit pour notre communauté d'impulser et de dynamiser, à l'échelle mondiale, une élaboration permanente d'un projet concret fondé sur une acceptation de nos différences. Une commission de sélection des activités culturelles et artistiques a
élaboré un programme comprenant plus de 120 manifestations qui se dérouleront tout au long de cette année, dans plusieurs villes du Liban. Le centre ville de Beyrouth, accueille quant à lui, de mai et jusqu'à fin octobre, le village des cultures francophones. Nous y voyons une occasion pour promouvoir la diversité culturelle du Liban mais aussi pour y associer, dans ce cadre ludique et festif, les cultures des autres pays francophones.

 

3. Le défi social est celui qui nous amène à inclure l'ensemble de la population libanaise, individus et représentants de la société civile, dans le programme des manifestations. A ce titre, nous attachons une grande importance à la participation de la plus large partie des libanais et plus particulièrement la jeunesse aux diverses activités initiées. Nous réservons aux jeunes une place de choix dans les programmes mis en place, notamment dans le cadre du Village des cultures francophones. Nous associons également de jeunes bénévoles à la structure chargée de la préparation, de l'organisation et de la gestion du Sommet. Ces jeunes auxquels nous confions des responsabilités sauront, nous n'en doutons pas, être à la hauteur des tâches imparties et véhiculer l'image d'un pays ouvert, résolument tourné vers la modernité.

 

4. La dimension économique et technologique que nous souhaitons donner au Sommet s'illustrera par des rencontres d'hommes d'affaires organisées par le Forum Francophone des Affaires, ainsi que des colloques et un salon international de la technologie. Durant le Sommet, nous insisterons sur les capacités du secteur culturel libanais à produire de la richesse.


    La réunion annuelle des représentants des associations française et étrangères d'anciens élèves de l'ENA qui se tient cette année à Beyrouth, sous l'égide de l'association ENA Liban, traduit parfaitement notre ambition et témoigne de notre volonté d'ouverture. Elle reflétera, sans aucun doute, notre attachement au développement de la coopération entre le Liban et l'ensemble des Etats qui y sont représentés. Nous souhaitons que cette coopération s'ancre et s'accentue à la fois dans les secteurs privé et public et nous sommes convaincus du rôle pionnier et moteur qui est le vôtre dans ce domaine.
 

Nous souhaitons la réussite de votre rassemblement annuel et vous remercions d'avoir choisi le Liban pour le tenir.

 
 

 

 

 

                    Ghassan Salamé

 

 

 

 

 

copyright : ENA Mensuel, AAEENA

 

 

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